Déclaration d’une mission du FMI au terme de sa visite en Côte d’Ivoire

Les communiqués de presse publiés en fin de mission par les services du FMI expriment leurs observations préliminaires au terme d'une mission dans un pays. Les opinions exprimées dans ces conclusions sont celles des services du FMI et ne sont pas nécessairement celles du Conseil d'administration. Sur la base des observations préliminaires de cette mission, les services du FMI établiront un rapport qui, sous réserve de l'approbation de la direction, sera soumis à l'examen et à la décision du Conseil d'administration du FMI.

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) conduite par M. Dan Ghura a séjourné à Abidjan du 29 février au 15 mars 2016 pour mener les consultations au titre de l’Article IV des statuts du FMI.

A l’issue de la mission, M. Ghura a fait la déclaration suivante : 1 « De très bons résultats économiques ont été enregistrés par la Côte d’Ivoire pendant les quatre dernières années couvertes par l’Accord au titre de l’accord de la Facilité Elargie de Crédit (FEC). La croissance du PIB a été forte, permettant ainsi une réduction de la pauvreté et les déséquilibres macroéconomiques ont été contenus.

« L’activité économique est restée dynamique en 2015 dans la plupart des secteurs. Nos premières estimations indiquent que la croissance réelle du PIB s’est élevée à 8,6 pourcent, tandis que l’inflation est restée contenue à 1.2 en moyenne. Un déficit du compte courant externe a été enregistré, sous l’effet du dynamisme des importations qui a compensé la croissance du volume des exportations, mais est resté à un niveau gérable de 1,7 pourcent du PIB. Le déficit budgétaire s’est situé à 3 pourcent du PIB comparé à un objectif de 3,7 pourcent dans la loi de finance rectificative, en grande partie dû à une sous-exécution des dépenses d’investissement et des recettes plus importantes que prévues, notamment grâce à la vente de licences de télécommunication.

« Le crédit bancaire au secteur privé s’est accéléré en 2015, après une forte augmentation ces deux dernières années, porté par un climat extérieur accommodant, la confiance des investisseurs, et l’amélioration de l’environnement des affaires. La croissance du crédit s’est accompagnée d’une diminution du ratio de solvabilité réglementaire.

« Les perspectives macroéconomiques pour 2016 et à moyen-terme sont positives. La croissance réelle du PIB est projetée à 8.5 % en 2016, accompagnée d’une faible inflation. « L’équipe soutient les orientations et les réformes qui sous-tendent le Plan national de développement (PND) pour les années 2016 à 2020, de même que le rôle moteur du secteur privé pour promouvoir la transformation structurelle de l’économie. La mission a effectué des recommandations visant à assurer que le PND puisse être mis en œuvre sans perturbation au regard des possibles chocs externes, y compris ceux qui pourraient provenir des prix des matières premières et de conditions financières moins favorables et des engagements contingents. Dans ce contexte, maintenir une performance économique forte demandera le maintien de la discipline budgétaire, l’augmentation du capital des banques afin de bâtir des marges de manœuvre suffisantes et permettre la conduite de politiques contra cycliques si ces risques venaient à se matérialiser, mais aussi préserver la viabilité de la dette et la stabilité du secteur bancaire. La mission a souligné l’importance d’une mobilisation accrue des recettes budgétaires en rationnalisant les exonérations fiscales et en élargissant l’assiette fiscale, ainsi que la poursuite d’une politique prudente d’endettement et la surveillance attentive des risques liés aux partenariats publics privés.

« Le Conseil d’administration du FMI devrait examiner le rapport des services relatif aux consultations au titre de l’Article IV en mai 2016. Les autorités ont exprimé le souhait debénéficier du soutien du FMI pour un nouveau programme. Les discussions à ce sujet devraient intervenir plus tard cette année. « L'équipe du FMI tient à remercier les autorités pour leur cordiale hospitalité et les échanges constructifs. »

La mission a été reçue en audience par Son Excellence M. Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire ; M. Daniel Kablan Duncan, Premier Ministre et Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget ; M Adama Koné, Ministre auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances ; M. Abdourahmane Cissé, Ministre auprès du Premier Ministre chargé du Budget et du Portefeuille de l’Etat; M. Philippe Serey-Eiffel, Ministre, Secrétaire Général Délégué de la Présidence de la République, chargé des Grands Projets ; M. Thierry Tanoh, Ministre, Secrétaire Général Délégué de la Présidence de la République, chargé des Affaires Economiques et Financières ; Mme Nialé Kaba, Ministre du Plan et du développement ; M. Moussa Dosso, Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale ; M. Adama Toungara, Ministre du Pétrole et de l’Energie ; M. Jean-Claude Brou, Ministre de l’Industrie et des Mines; M. Jean-Louis Billon, Ministre du Commerce; M. Chalouho Coulibaly, Directeur national de la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO). La mission a aussi rencontré des hauts fonctionnaires, des représentants du secteur privé, ainsi que de la communauté des partenaires au développement.

1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays.