Ouverture de la conference sur l’impact de la notation financière sur les marches des capitaux et les économies africaines : discours de monsieur le ministre

Samedi 02 avril 2016, Sofitel Hôtel Ivoire Abidjan

- Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;
- Messieurs les membres du Gouvernement ;
- Messieurs les Ambassadeurs ;
- Monsieur le Président du Conseil d’Administration de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) ;
- Monsieur le Président-Directeur Général de Bloomfield Investment ;

- Mesdames et Messieurs les Présidents Directeurs Généraux et Directeurs des Banques, Etablissements Financiers et Institutions Financières ;
- Monsieur le Directeur Général Adjoint du Trésor et de la Comptabilité Publique ;
- Messieurs les Présidents des Associations Professionnelles ;
- Mesdames et Messieurs, Honorables invités,

C’est avec un réel plaisir que je prends la parole ce matin, à l’occasion de la conférence-débat organisée par Bloomfield Investment en partenariat avec Forbes Afrique sur le thème : « l’impact de la notation financière sur les marchés de capitaux et les économies africaines ».

Je voudrais à cette occasion, adresser mes salutations et mes remerciements à l’ensemble des invités pour leur forte mobilisation qui traduit l’intérêt pour le sujet qui nous rassemble et de ses enjeux. Il me plait également d’exprimer toute ma gratitude à Monsieur le Président-Directeur Général de Bloomfield Investment et à son institution pour l’organisation de cette activité et pour le choix judicieux et de la thématique autour de laquelle les débats vont se tenir. Je dois reconnaître que c’est un sujet d’actualité qui augure des échanges enrichissants. J’associe à ces remerciements les Banques, Etablissements Financiers et autres Institutions Financières qui sont nos partenaires privilégiés dans le cadre du financement de l’action gouvernementale.

Honorables invités, Mesdames et Messieurs, La notation financière peut être appréhendée comme une opinion indépendante émise par une agence sur une entité, à partir d’une analyse rigoureuse et exhaustive de paramètres de risques-crédit susceptibles d’avoir un impact sur la capacité de celle-ci à faire face à ses obligations financières. En d’autres termes, la notation mesure la probabilité de défaut de l’entité notée. La notation financière a contribué à renforcer la transparence sur les marchés financiers dits matures en raison de la confiance que les investisseurs lui accordent.

En effet, c’est sur cette opinion indépendante qu’un investisseur, qui ne connaît pas à priori un émetteur, fonde sa décision de souscription à un emprunt notamment le montant de sa participation et le rendement recherché. En ce qui nous concerne, la notation souveraine s’est avérée nécessaire lorsque nous avons émis la volonté de recourir au marché international des capitaux pour financier le PND 2012-2015. C’est dans ce cadre que notre pays a procédé à sa première notation financière en 2014 et obtenu la note B1 par Moody’s, avec une perspective positive.
Grâce à cette notation, les résultats de notre première émission d’Eurobond sur les marchés internationaux de capitaux ont été édifiants.

Pour rappel, la Côte d’Ivoire a mobilisé 750 millions de dollars US à 5,625% sur 10 ans pour un montant indicatif de 500 millions de dollars US. Le montant des soumissions est ressorti à plus de 4 milliards de dollars US. C’était inédit au regard de la note obtenue.

Cette note s’est améliorée d’un cran en 2015 à Ba3 démontrant ainsi l’appréciation de la qualité de crédit de l’Etat de Côte d’Ivoire.
En ce qui concerne l’Eurobond 2015, pour un objectif de mobilisation de 1 milliard de dollars, le marché a proposé plus de 4 milliards de dollars US, montant le plus élevé d’Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud). Cependant, la Côte d’Ivoire a décidé de ne retenir le montant de 1 milliard de dollars US à 6,625% sur 12 ans. Ces importantes ressources ont permis à la Côte d’Ivoire de financer les grands projets structurants inscrits dans le Plan National de Développement en vue de doter notre pays d’infrastructures économiques nécessaires à l’atteinte de l’objectif de pays émergent à l’horizon 2020 fixé par SEM Alassane OUATTARA, Président de la République.
Distingués invités, Mesdames et Messieurs,
Je voudrais rappeler que la notation financière n’est pas destinée qu’aux seuls Etats. D’autres entités peuvent également être notées notamment :

- les entreprises commerciales et industrielles ;
- les Institutions financières ;
- les Instruments financiers ;
- les Collectivités territoriales.

Vous vous proposez de réfléchir ce jour sur la problématique de la notation financière, singulièrement à son impact sur les marchés des capitaux en Afrique et sur l’économie réelle des pays africains.
Ce thème montre l’intérêt que vous portez au financement des économies africaines, car la notation financière s’avère nécessaire pour hisser notre jeune marché financier régional au niveau des marchés compétitifs et attirer encore plus d’investisseurs.
Nous partageons je le crois bien, une même vision de l’Afrique, celle d’un continent fort et développé.

Notre défi est donc de faire en sorte que notre contribution à la marche de l’Afrique soit la meilleure. La quête de la croissance économique nécessite de nombreuses ressources, tant humaines que financières. La qualité des intervenants de ce jour montre à n’en point douter, que l’Afrique regorge d’un potentiel énorme en matière de capital humain.

Les moyens financiers eux, peuvent être fournis par les marchés de capitaux. D’où la nécessité de les développer et de les rendre plus dynamiques.
Je crois pour ma part, que la notation financière est un élément important dans ce processus.

Elle crée un environnement qui favorise les conditions idéales de crédibilisation des marchés des capitaux.

Mesdames et Messieurs, La notation financière connaît un regain d’intérêt dans nos Etats. En effet, plusieurs pays africains y ont eu recours ces dernières années dans le cadre de leurs émissions sur les marchés internationaux de capitaux.

Cela augure de bonnes perspectives quant au renforcement de la gouvernance et de la transparence dans nos économies.

Dans le sens de la transparence vis-à-vis de notre marché financier régional, nous examinons avec Bloomfield Investment, l’opportunité de noté la Côte d’Ivoire en monnaie locale. Toute chose qui nous permettra de renforcer nos liens avec les investisseurs de la région, en leur permettant d’avoir une plus grande visibilité sur la qualité de notre signature en monnaie locale.

Mesdames et Messieurs,

Pour terminer, je voudrais réitérer mes remerciements à Bloomfield Investment et son Président Directeur Général, Monsieur Stanislas ZEZE, ainsi que Forbes Afrique pour cette initiative.

J’encourage les Etats, les entreprises commerciales et industrielles, les institutions financières et les collectivités territoriales à recourir à la notation financière qui constitue un élément de gouvernance et de transparence économique.

Mesdames et Messieurs, C’est sur cette note d’encouragement que je déclare ouverte la conférence-débat consacrée au thème : « l’impact de la notation financière sur les marchés de capitaux et les économies africaines ».

Merci de votre aimable attention.

Adama KONE
Ministre auprès du Premier Ministre,
chargé de l’Economie et des Finances