Le Programme de Développement du Secteur Financier (PDESFI)

Le rôle principal du Ministère de l’Economie et des Finances dans le cheminement vers l’émergence de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2020 sera de mettre en œuvre une gestion efficace de la politique économique, financière et monétaire du Gouvernement. Cette mission est repartie selon trois des cinq axes du PND 2016 – 2020, à savoir :

  • le renforcement de la qualité des institutions et de la gouvernance. A ce niveau, il s’agira de renforcer la qualité des projections et de la gestion macroéconomique pour orienter les choix de politiques économiques, d’améliorer la transparence dans la gestion des finances publiques en mettant en œuvre les actions prévues dans le schéma directeur des finances publiques, d’assurer une mobilisation optimale des ressources pour le financement des actions prioritaires, d’élaborer et de mettre en œuvre une Politique Nationale d’Endettement ;
  • la transformation structurelle de l’économie qui se traduira par la création des conditions d’une plus grande implication du secteur privé dans le financement de l’économie nationale, notamment à travers l’amélioration continue du climat des affaires ;
  • l’intégration régionale et la coopération internationale. Il s’agira d’accélérer la transposition des textes communautaires dans le droit national et de prendre des textes nationaux d’application, en collaboration avec le Ministère des Affaires Etrangères, de renforcer la mise en œuvre de l’ensemble des volets nationaux des politiques de convergence économique et monétaire en Afrique de l’Ouest, en collaboration avec le Ministère de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’extérieur. Outre ces actions, le Plan d’action stratégique de notre Département Ministériel s’articule aussi sur la modernisation de l’administration économique et financière, l’amélioration de la gouvernance, la promotion de l’éthique, et la bonne conduite des réformes économiques et financières.

Pour consolider la trajectoire de croissance forte, durable et inclusive que connaît la Côte d’Ivoire, les réformes profondes initiées devront se poursuivre dans plusieurs domaines. Il s’agira notamment d’accélérer la mise en œuvre du programme d’assainissement et de développement du secteur financier. Ce programme s’appuie sur la restructuration des institutions financières publiques et sur des réformes structurelles visant à développer le secteur.

En outre, il nous faudra poursuivre les réformes des finances publiques en mettant un accent particulier sur la gouvernance et la gestion des entreprises publiques en vue de renforcer la stabilité du cadre macroéconomique et la viabilité de notre budget à long terme. Dans cette dynamique les réformes structurelles et sectorielles pour accroître la productivité et la compétitivité de l’économie devront être consolidées.

Par ailleurs, les efforts accomplis pour améliorer l’efficience des infrastructures en place, réduire les coûts et encourager la participation du secteur privé, l’investissement local et le développement de l’esprit d’entreprise devront être poursuivis.

Enfin, il importe d’accélérer la mise en œuvre des initiatives régionales et l’harmonisation des cadres réglementaires.

Emergence et Secteur Financier

Avec l’arrivée de nouvelles banques régionales et internationales en Côte d’Ivoire, le secteur bancaire a connu au cours de ces dernières années une augmentation du ratio crédit bancaire (en pourcentage du PIB) qui est passé de 20% en 2014 à 24% en 2016.

La majorité des ivoiriens est cependant toujours exclue du système bancaire avec seulement 16% de la population de plus de 15 ans qui possède un compte dans une institution financière en 2016.

Même s’il est vrai que l’avènement du Mobile Money permet d’augmenter le niveau d’inclusion financière avec 55% de la population de plus de 15 ans qui possède un compte mobile money en 2016, et malgré un taux de croissance annoncé de 7% en 2017 annoncé par le Fonds Monétaire International, la problématique de croissance inclusive demeure.

Elle ne sera correctement adressée qu’avec un système financier performant et plus inclusif.

Par ailleurs, le système financier doit être davantage diversifié car le secteur bancaire représente à lui seul 90% des actifs financiers.

C’est dans ce contexte que les réformes retenues dans le plan stratégique Côte d’Ivoire Emergent 2020 dont le PDESFI a participé à l’élaboration avec l’OCDE, apportent des réponses concrètent en matière de développement du secteur financier.

En effet, le développement économique de la Côte d’Ivoire et du secteur financier sont étroitement liés car le développement du secteur financier participera à la croissance, la stabilité économique et la réduction de la pauvreté. Les changements socio-économiques engendrés par l’Emergence nécessiteront d’augmenter la mobilisation des ressources pour financer l’économie, et nécessiteront aussi une profondeur du marché bancaire et non-bancaire.

L’Emergence du secteur financier, dont le PDESFI est la cheville ouvrière, se réalisera grâce à la conduite de vingt (20) réformes structurelles dont treize (13) prioritaires, notamment :

  • L’accroissement de la couverture de la population par un Bureau de Crédit. L’opérationnalisation en cours du BIC CréditinfoVolo permettra sans aucun doute d’assurer l’asymétrie d’information sur la solvabilité des emprunteurs et d’augmenter la perception du risque de crédit pour les établissements de crédits ;
  • Le développement du Tribunal du Commerce afin de garantir une équité et une compétence adaptée dans le traitement des litiges commerciaux;
  • Le développement de produits d’épargne adaptés ;
  • La mise en place d’un projet pilote sur les Agents Bancaires (Intermédiaires en Opérations de Banque) ;
  • L’opérationnalisation de l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers créé en décembre 2016, afin d’instaurer la confiance des consommateurs de services financiers ;
  • Le développement du crédit-bail afin de multiplier les sources de financement des entreprises et des PME en particulier.

La conduite de ces réformes devrait permettre à la Côte d’Ivoire d’atteindre l’Emergence en 2020 grâce à une confiance plus accrue des populations en notre système financier, une meilleure mobilisation de l’épargne, une meilleure évaluation du risque de crédit, et la disponibilité d’outils alternatifs en matière de financement.

Je souhaite que cette troisième parution du bulletin des réformes sur le secteur financier suscite en chacun de nous de porter un regard particulier sur les réformes structurelles pilotées par le PDESFI, et leur importance dans l’atteinte de l’Emergence en 2020.